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LA WWE AU CINE

 
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MessagePosté le: Lun 18 Jan - 18:51 (2010)    Sujet du message: LA WWE AU CINE Répondre en citant

RETROUVE LES FILMS DE VOS SUPERTARS DE LA WWE AU CINEMA

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MessagePosté le: Lun 18 Jan - 18:51 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 18 Jan - 18:53 (2010)    Sujet du message: LA WWE AU CINE Répondre en citant








Le catch est un sport pour le moins étrange. On ne va pas se lancer dans une analyse de cette pratique du fait de ses spécificités culturelles, mais soulignons tout de même l’un de ses éléments majeurs : son goût prononcé pour le spectacle total, la mise en scène abusive du moindre enfilage de peignoir. Il semblait donc "logique" qu’un pont soit érigé entre le catch et le cinéma, de façon plus marquée que les quelques tentatives solo de certaines vedettes de la profession (Hulk Hogan ou Roddy Piper, pour n’en citer que deux). Ce projet un peu fou-fou se concrétise pleinement en 2003, avec la création de la compagnie WWE (World Wrestling Entertainment) Films, dont le noble dessein est de transformer ses catcheurs vedettes en superstars du cinéma d’action. Ça démarre plutôt bien avec les succès consécutifs de « Bienvenue dans la Jungle » et le "génial" « Tolérance Zéro » avec The Rock, ça s’embourbe dans le n’importe quoi avec « See no Evil » du réalisateur porno Gregory Dark, slasher pseudo arty avec un Kane éructant comme un bœuf dans la peau d’un impitoyable tueur en série. Puis vint « The Marine ».



John Cena, notre nouvel acteur mauvais préféré.


À la base, le rôle principal devait être tenu par un catcheur bourrin (excusez le pléonasme) du nom de Steve Austin. Et puis, pour des questions contractuelles, c’est finalement John Cena qui se lance dans l’aventure cinématographique (le petit Steve fera ses débuts dans « The Condemned » avec Vinnie Jones – l’ordre est rétabli). La providence venait de sceller le destin d’une production au-delà du médiocre : on ne peut nier, à la vision de « The Marine » (par ailleurs l’un des noms de scène de Cena), l’apport essentiel de l’acteur au film en terme de nanardise. L’irrésistible scène d’intro nous expose toute la palette de ce troublant sosie stéroïdé de Matt Damon. Un monolithe conscient de son inexpressivité, qui tente de pallier ses carences en mettant en avant son extravagance naturelle, y compris dans les scènes à haute teneur en émotions. Si vous me permettez un court aparté, le monde du nanar a notamment cela de merveilleux que chaque fois que l’on croit avoir fait le tour de tous les styles de cabotinages possibles, un nouveau stentor du non-jeu cathartique vient nous remettre les pendules à l’heure. John est l’un d’entre eux.





Revenons à l’intrigue, à sa scène d’intro plus précisément. Nous sommes en Irak, deep in the shit. Des terroristes assoiffés de sang yankee s’apprêtent à exécuter leurs otages américains, entre deux « Allahu Akhbar » vociférés avec la fougue des authentiques salopards. John Triton, marine dont la carrure et le camouflage nous laissent deviner l’efficacité redoutable, est embusqué derrière la porte. Les bourreaux sont à deux doigts de faire leur office, et ces putains de renforts ne seront pas là avant cinq bonnes minutes. Désobéissant à sa hiérarchie aveugle, John fonce dans le tas et démastique de l’Irakien, sauvant tout le monde. Mais un ordre est un ordre, et Triton est renvoyé dans sa Caroline du Sud sûrement natale. Arrêtons-nous un instant, avant les retrouvailles torrides avec sa blonde épouse (Kelly Carlson de « Nip/Tuck »), pudique saillie à la clé. Ce prologue guerrier nous a non seulement fait découvrir cet acteur étonnant qu’est John Cena, mais nous a également dévoilé le style de la mise en scène de John Bonito, artisan jusque-là cantonné à la réalisation de matchs de la WWE.





Un style pompier qui se dévoile véritablement dans les scènes d’action, gorgées de ralentis imbéciles, d’impacts de balles exagérés jusqu’au risible, d’une fascination on ne peut plus puérile pour la pyrotechnie, de vains défis à la pesanteur. Et comme si tout cela n’était pas encore suffisant, au cas où le moindre doute s’instillerait dans le cortex du spectateur qui s’attendrait à une comédie romantique sur fond de critique du libéralisme, le générique démarre, avec notre John Cena dans son plus bel uniforme qui nous fait un salut martial comme seuls les vrais serviteurs de la Nation savent en faire, tandis qu’à l’arrière-fond la Star-Spangled Banner ondule sous la caresse d’un vent bienfaiteur. Voilà. Ça, c’est fait. Fondu au noir.






On enchaîne dans une ambiance love avec les retrouvailles de Mr et Mme Triton. Cette scène ne dépareille pas de la nullité abyssale de l’ensemble du film, ni de la fainéantise de son écriture, mais comme dans bon nombre de séquences, le jeu irrésistible de John Cena rattrape le marasme. La suite de l’intrigue voit apparaître un gang de voleurs de diamants dirigé par le cynique Rome (Robert Patrick, digne et résigné).






Après un braquage explosif, parodie hilarante de la scène de fusillade de « Heat », Rome et ses sbires taillent la route, s’arrêtent à une station-service où ils vont se retrouver obligés de prendre une otage qui n’est autre que… Mme Triton. John ne se laisse pas démonter. Il chope une bagnole de police qui traînait par là et part à leur poursuite. La puissance de feu de l’ennemi dépiaute sa voiture pièce par pièce, mais John évite habilement les balles grâce à la technique déjà éprouvée du "je me penche d’un côté, puis de l’autre". Lorsque le véhicule n’en peut plus et finit par exploser au-dessus d’un lac, John en profite pour nous livrer sa botte secrète pour se sortir de n’importe quelle situation critique avec des flammes numériques autour : le plongeon olympique au ralenti.






Raconter in extenso la suite du film serait de la gourmandise. Disons juste que les voleurs se cachent dans une cabane dans la jungle, et que Triton va tous se les faire un par un, sauvant de justesse son épouse de la noyade au moyen d’un massage cardiaque qui a dû défoncer la cage thoracique de la malheureuse Kelly Carlson. Le film tombe un rien dans la redite, les punchlines débiles s’enfilent comme des perles (notamment grâce au sidekick black Morgan, fan d’explosifs traumatisé par une friandise), mais la superbe de John Cena demeure.





Enfermé dans la mise en scène post Michael Bay de John Bonito, l’acteur donne tout ce qu’il a. il s’investit dans le film comme si sa vie en dépendait. Le risque de ce genre de performances, c’est qu’elles sont souvent uniques, offertes le temps d’un seul film par des acteurs ne désirant rien tant qu’enchaîner les projets impersonnels à une cadence spartiate. « The Marine » a de grandes chances de devenir le meilleur film de John Cena.




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